Interview de Christophe Divi, directeur d'ESS 2024

Pour clôturer ce mois de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS), nous avons posé 3 questions à Christpohe Divi, directeur d'ESS 2024, plateforme qui accompagne les acteurs de l'ESS pour qu'ils bénéficient au mieux des opportunités des Jeux de Paris 2024. Dans le cadre de la charte emploi et développement territorial, ils sont un acteur phare de la réussite de nos objectifs, pour que les Jeux et les ouvrages olympiques profitent à toutes et à tous.

1. Quel est le rôle d’ESS 2024 dans le cadre des Jeux de Paris 2024 ?

La plateforme ESS 2024 est portée par Les Canaux et soutenue par la SOLIDEO et Paris 2024. Elle permet aux entreprises de l'ESS d'accéder aux opportunités des Jeux en leur facilitant l'accès aux marchés et en les appuyant dans leur réponse à ces derniers. Elle vise à atteindre des résultats pour démontrer concrètement l'ambition que se sont donnés les organisateurs de Paris 2024 pour faire les premiers Jeux inclusifs, solidaires et responsables. C'est un outil privilégié pour déployer la Charte pour l'emploi et le développement territorial signée en 2019, visant notamment à attribuer 25% des marchés de la SOLIDEO aux TPE, PME et ESS, et à garantir que 10% des heures travaillées le soient par des personnes en insertion.

Ainsi, le travail de nos équipes se structure autour de 2 activités principales pour mettre en lien les donneurs d'ordre et les apporteurs de services et de solutions :

- l'appui aux prescripteurs et aux acheteurs, en leur montrant les solutions et innovations existantes au sein des TPE, PME et entreprises de l'ESS, notamment à travers nos Cahiers d'impact et notre sourcing qualifié.
- l'appui aux entreprises de l'ESS, en les référençant, en leur relayant les marchés et actualités, et en les appuyant dans la constitution de groupements.

2. Quel est l’apport de l’ESS dans un projet d’ampleur comme celui-ci ? Pouvez-vous nous présenter un exemple de réussite ?

Les entreprises de l'ESS apportent une véritable richesse en termes d'innovations sociales et environnementales, dont Paris 2024 a fait un axe central de son nouveau modèle de Jeux.
Elles apportent des solutions uniques et de qualité pour un développement économique plus solidaire, plus vertueux et plus responsable, notamment en matière d'économie circulaire (pour préparer la dissolution et l'héritage des Jeux) et en matière d'insertion par l'emploi des personnes vulnérables (notamment celles en situation de handicap). Cet événement est la plus belle vitrine que l'on puisse leur offrir.

Par ailleurs, ces entreprises, quels que soient leur structure, leur taille ou leur domaine d'activité, sont en mesure de répondre seules, en groupement ou en sous-traitance, à des marchés d'envergure et apporter ainsi leur expertise technique.
Des grands groupes s'organisent notamment autour de groupement afin de s'allier aux structures de l'ESS. C'est le cas de Bouygues, qui travaille avec plusieurs acteurs de l'ESS, notamment Le Pavé SAS Minimum, une structure qui construit des sièges à partir de plastique entièrement recyclé. Pour les Jeux, ils seront en charge de fournir les sièges des gradins de l'Arena 2 et du Centre Aquatique Olympique.
Avec ces contrats, cette entreprise change véritablement d'échelle, recrute en nombre sur le territoire et travaille avec tout un réseau d'autres entreprises solidaires pour collecter la matière notamment.

3. A trois ans des Jeux, où en est la plateforme ESS 2024 ? Quelles sont les perspectives pour les deux prochaines années ?

Depuis plus de 2 ans, de nombreuses belles histoires d'entreprises de l'ESS lauréates de marchés des Jeux se sont écrites. Elles sont aujourd'hui près de 200 à y contribuer et beaucoup de marchés restent encore à paraître. Nous avons référencé près de 4500 TPE, PME et entreprises de l'ESS sur notre plateforme, partout en France, et nous continuons de les mettre en lumière et de les aiguiller pour répondre aux marchés.

Les opportunités à venir dans les deux prochaines années sont nombreuses avec l'accélération de la publication des marchés. Sur le périmètre des infrastructures, nous devons travailler plus directement avec les entreprises générales pour que l'ESS puisse irriguer toutes les chaînes de sous-traitance. Nous pouvons aller encore plus loin que les premiers résultats obtenus. Pour cela, nous saurons mobiliser les entreprises référencées sur ESS2024 pour répondre le plus efficacement possible aux besoins restant à pourvoir (services aux chantiers, second œuvre, aménagement d'espaces publics, etc.)
Concernant les services événementiels, nous anticipons la publication des marchés de nettoyage, de gestion des déchets, de sécurité, de signalétique, de production des compétitions, etc... Afin de les préparer au mieux, nous travaillons à la rédaction de Cahiers d'impact en lien avec les structures et les donneurs d'ordres pour référencer en amont le potentiel des secteurs d'activités et les solutions existantes.

Partout en France, les entreprises ont encore de nombreuses possibilités pour contribuer aux Jeux. Si la majorité des épreuves se tiendront à Paris, il ne faut pas oublier les autres régions qui accueilleront par exemple les épreuves de football ou de handball. Celles-ci vont générer d'autres opportunités sur l'ensemble du territoire.
Il faudra également préparer en amont l'accueil des délégations, qui viendront s'entraîner dans les Centres de Préparation aux Jeux, sur les territoires Terre de Jeux. Les besoins d'accueil, de transport, de restauration, de rénovation d'équipements sont de plus en plus nombreux, comme en ce moment par exemple à Caen, Vichy, Montbéliard. Il y a donc énormément d'opportunités territoriales à venir et nous avons à cœur d'aider les entreprises de l'ESS à s'en saisir !