Une stratégie végétale pour faire de la ville un support de biodiversité

Pour parfaire nos ambitions environnementales sur le Village des athlètes, nous avons déterminé une stratégie végétale pour l’ensemble de nos espaces verts et notamment les arbres qui seront plantés sur le Village des athlètes. Au-delà de l’aménagement de l’espace public, au-delà du confort esthétique que représentent les espaces verts au cœur des villes, notre objectif est en particulier de faire de la ville un support de biodiversité en développant et en enrichissant les milieux existants.

Notre stratégie végétale s’appuie sur un choix de variétés de végétaux spécifiques dont l’origine est particulièrement contrôlée. Réalisée par la maitrise d’œuvre paysagiste et les écologues associés au projet, notre palette de végétaux compte une trentaine de variétés d’arbres, parmi lesquels des indigènes (d’origine locale) ou des forestiers. Elle compte cependant peu d’espèces dites horticoles, ces dernières étant souvent génériquement modifiées ou hybridées.

Au-delà du type, il y a le genre et l’espèce. Seront ainsi représentés sur le Village des athlètes, de l’érable champêtre, typique de la France et du Bassin parisien, différents chênes, du charme, des bouleaux (en quantité limitée cependant au regard de leur caractère allergisant), des pins sylvestres, identiques à ceux que l’on trouve en forêt, des sorbiers, des tilleuls, des ormes, etc. Tous ces arbres sont des classiques.

Le « contrat de culture » et le « contrat de réservation », deux volets pour une palette plus complète

Pour correspondre à notre ambition et aller encore plus loin dans notre exigence, nous achetons nos végétaux via un marché de fourniture, que nous avons divisé en deux volets. Nous avons ainsi un premier lot en « contrat de culture » et un second « contrat de réservation ». Ces 2 volets sont complémentaires.

Lot 2 : Contrat de réservation :

Le « contrat de réservation » est la forme la plus classique des marchés de fourniture. Il permet d’assurer la livraison de végétaux adultes, développés, à une date donnée (2024 pour nos projets).

« Le contrat de réservation permet d’obtenir la quantité que l’on souhaite, au moment où on le souhaite, il nous permet en effet de réserver, avec plusieurs mois ou années d’avance, des quantités suffisantes pour assurer une gestion des stocks dans le temps, » Vivien Corre, Chef de projet Espaces publics de la SOLIDEO

Il concerne des arbres adultes et de grande hauteur (plusieurs mètres). La sélection se fait en pépinière, le marquage (par collier) est généralement organisé entre mai et septembre, au moment où les végétaux sont les plus « en feuille », ce qui permet d’estimer au mieux leurs qualités et de repérer les éventuels défauts.

Pour Vivien Corre, « Le contrat de réservation correspond au côté paysagé et structurel pur des espaces verts, mais nous renforçons nos ambitions avec le contrat de culture ».

Lot 1 : Contrat de culture :

Le « contrat de culture » est le 2nd volet de notre marché de fourniture. Il concerne quant à lui de très jeunes pousses, qui n’ont qu’1 à 4 ans de développement. Ces végétaux ont une qualité écologique très forte, beaucoup plus forte qu’un arbre adulte, car en grandissant en symbiose avec leur environnement, ces végétaux participent à la régénération du sol, à l’enrichissement du milieu, ou encore à la qualité de l’air.

Quantité et qualité, deux exigences qui doivent se compléter

Deux exigences principales motivent notre stratégie. D’un point de vue quantitatif d’abord, nous nous imposons une forte proportion de végétaux en contrat de culture, pour avoir un effet de milieu et un réel impact. Ensuite, nous exigeons également que ces végétaux détiennent le « label végétal local ».

Parmi les différents types de certifications et de labels, celui que nous avons choisi de retenir est particulièrement contraignant en termes de critères environnementaux. Ces arbres proviennent de graines de végétaux sauvages, qui ne sont ni clonés, ni cultivés, et implantés dans une zone géographique donnée, le Bassin parisien dans le cadre de notre projet. La palette végétale est ainsi précise et délimitée.

Un processus minutieux pour une adaptation naturelle

Le processus démarre par une campagne de récupération de graines. Après ce prélèvement en milieu sauvage, elles sont mises en culture dans des pépinières situées dans la même zone géographique, pour nous le Bassin parisien Nord et Sud, pour que les conditions de sol et de climat soient similaires à celles de notre projet.

Les phases de plantations sont organisées durant la période hivernale, entre novembre et mars, pour favoriser la reprise des végétaux. Il est nécessaire qu’ils soient en place avant le printemps, avant leur « montée de sève », pour assurer une croissance privilégiée. Plusieurs sessions de plantations sur les espaces du Village des athlètes, seront organisées entre les hivers 2022-2023 et 2025-2026.

Rien que sur le Village des athlètes, le marché global de fourniture représente un montant de plus de 400.000€ et concerne un peu moins de 9.000 arbres. Les couts et quantités sont de l’ordre de :

  • Lot 2 : En contrat de réservation : environ 1048 arbres pour un montant de 374.695 €
  • Lot 1 : En contrat de culture : environ 7826 arbres pour un montant de 39.861 €

(A noter que ces montants et quantités sont provisoires et seront ajustés en fonction du projet et des plantations complémentaires qui seraient nécessaires).

Nb : Le Lot 1 relatif au contrat de culture est paradoxalement le moins couteux, alors qu’il concerne de très jeunes végétaux à haute qualité environnementale, minutieusement sélectionnés et qui nécessitent beaucoup de travail et de main-d’œuvre, le coût des végétaux adultes se mesure cependant au regard des moyens mécaniques et de l’espace qu’ils nécessitent.

Un groupement de pépinières diversifiées

« Nous sommes les commanditaires de ce marché de fourniture auprès des pépinières dont la supervision est assurée par notre maitrise d’œuvre. Pour la partie contrat de réservation, nous nous rendons ensemble en pépinières pour choisir et marquer les arbres. Un simple collier numéroté permet d’identifier les végétaux sélectionnés. Pour le 2nd lot, le contrat de culture, la maitrise d’œuvre se rend également 3 à 4 fois par an en pépinière pour s’assurer que les quantités provisionnées et la qualité de production est bien au rendez-vous. Nous sommes accompagnés dans notre démarche par l’agence Terre pour les enjeux paysagers et UrbanEco pour les enjeux écologiques ».

Les deux lots du marché de fourniture des végétaux ont été remportés par le groupement « Les pépinières franciliennes ». Il se compose de plusieurs pépinières :

  • Le groupement des Pépinières Franciliennes mandataires (Pépinières Chatelain, Allavoine, Orme Montferrat, Pescheux-Thiney, Euve, Vieux Champagne et Hurepoix) ;
  • La Pépinière Soupe cotraitant ;
  • La Pépinière Guillot Bourne cotraitant ;
  • La Pépinière Chauviré cotraitant.

De nouveaux végétaux qui viennent en complément ou en remplacement des anciens

Ces nouveaux arbres seront plantés en complément des anciens, ils étofferont la palette déjà en place. Le ratio sera largement positif, tous les arbres du site ne seront cependant pas conservés, certains ne présentant pas les qualités environnementales recherchées ou les conditions nécessaires pour supporter d’être transplantés.

Qu’ils soient conservés ou pas, la campagne d’arrachage est toujours programmée de façon à limiter l’impact sur l’environnement. Les opérations ne sont pas exemple pas conduites en période de nidification, pour ne pas gêner les oiseaux.

Une transplantation en pépinière pour les arbres conservés, un réemploi total pour les autres

Les arbres que l’on choisit de conserver sont des arbres jeunes, car ils supportent mieux la transplantation. Sur le Village, nombre de jeunes arbres avaient été plantés récemment par Plaine Commune, ils ont donc déplantés et replantés dans une pépinière au sud de l’Ile de France ou ils resteront à minima jusqu’à l’hiver prochain. Ils seront réintroduits sur la ZAC, probablement aux abords de la ZAC, dans la continuité de l’allée de Seine.

Les arbres qui ne sont pas conservés ne sont pas détruits, ils sont réemployés. Lorsque les troncs sont suffisamment importants, et qu’ils rassemblent les critères nécessaires de forme, d’épaisseurs et de longueurs notamment, ils sont transformés en grumes, sorte de rondins bruts, et seront utilisés pour faire des planches ou encore des charpentes.

Les autres végétaux seront broyés. Le bois raméal fragmenté (BRF) ainsi obtenu servira de mulch. Ces copeaux de bois seront utilisés en paillage sur les espaces verts et serviront à limiter les mauvaises herbes et protéger le sol. Ils pourraient être également mélangés aux substrats pour enrichir le sol.

L’objectif de préservation, d’enrichissement du milieu et le souci environnemental de façon plus générale dictent notre action. Nous voulons, avec cette « stratégie végétale », concourir à notre ambition de faire de la ville un support de biodiversité.