Interview de Nicolas Toury, architecte de la base mutualisée de la Préfecture de Police

A l'occasion des Journées Nationales de l'architecture organisées par le Ministère de la Culture du 15 au 17 octobre 2021, nous avons posé quatre questions à Nicolas Toury, architecte de la base de la préfecture de police. Cette base, à proximité directe du Village des athlètes, permettra d'assurer la sûreté et la sécurité des Jeux olympiques et Paralympiques en 2024. Dès 2025, le bâtiment sera reconverti pour servir de caserne de pompiers et un centre de formation pour les jeunes sapeurs-pompiers. Il bénéficiera aussi à la brigade fluviale en tant que base opérationnelle pour leurs interventions dans l’ouest parisien.

  1. SOLIDEO : Quelle est la particularité de cette opération ?

Nicolas Toury : La particularité de cette opération est d’être un double équipement public. D’une part un bâtiment « terrestre » destiné dans un premier temps à accueillir les services de sécurité du village Olympique en phase JOP qui deviendra, en phase héritage, une caserne pour les Sapeurs Pompiers de Paris.

Ce premier ouvrage est relié par une passerelle à un second bâtiment « flottant » dédiée à la Brigade Fluviale de la Préfecture de Police.

  1. Quel parti-pris architectural de ces équipements ?

Le site choisi pour la base mutualisée de la BSPP est au cœur d’une complexité urbaine qu’il ne fallait pas aggraver. Le terrain est entouré de l’autoroute A86, des quais de seine, de la zone d’activité Urbaparc et de la Cité Meissonnier. Nous avons essayé de dessiner un projet simple et radical.

La géométrie permettait à la fois une répartition claire du programme et une lecture en strates des fonctions.

Les locaux de services et la zone opérationnelle sont contenus dans un socle en continuité avec le gabarit voisin. La zone sommeil prend place dans les niveaux supérieurs en créant un volume à part entière. La zone de vie commune est à l’interface entre ce socle et ce volume suspendu.

  1. S’il fallait ressortir une seule chose, qu’est-ce que vous souhaitez retenir de ce projet 

La complexité programmatique liée au programme, au site, à la qualité environnementale et à l’innovation.

Les différentes fonctions du programme nous ont contraints à apporter des réponses complexes règlementaires, techniques et administratives. Il fallait ajouter à cela la phase JOP et la reconversion du bâtiment en phase héritage. L’exercice n’était pas simple !

D’un point de vu environnementale les exigences très fortes de la SOLIDEO et l’intégration d’un système de traitement des eaux innovant en toiture ambitieux nous ont amenés à fabriquer un projet exemplaire et unique.

  1. Le fonds d’innovation de la SOLIDEO subventionne le projet de phyto-épuration en toiture de la base PP. Est-ce que l’intégration d’un tel projet a soulevé de nouveaux défis dans l’architecture globale du bâtiment ?

Oui, puisque tout était à inventer. L’usage de l’eau dans une caserne de pompier se doit d’être exemplaire. Que ce soit pour les vestiaires, la vie de la caserne, les entrainements à la lance ou le lavage des véhicules, nous nous devions d’avoir une réflexion particulière sur le sujet. Sur les propositions du bureau d’Etudes OASIS et en accord avec la SOLIDEO, nous avons donc travaillé sur un prototype de récupération d’eaux usées associé à une phyto-épuration naturelle en toiture. Ce procédé devrait amener à réduire la consommation d’eau de 40% par an.

 

Crédits visuel : (c) NTSA